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"AU CHAMPS" OU AUCHAN

Posté par: Alioune ibnou ab diouf| Dimanche 08 juillet, 2018 11:07  | Consulté 163 fois  |  1 Réactions  |   

AU CHAMPS OU AUCHAN

C’est l’histoire d’un gros rats qui vient manger les plantations de multiples petits ratons qui n’ont pas su cultiver ensemble, ni diversifier leur cultures, ni les faire protéger par le gros matou et les gourmandes souris qui fréquentent les plantations.

Dans ce jeu aux allures de conte pour enfants, se cachent pourtant une lecture macabre au vu des conséquences immédiates et à plus long termes si les acteurs ne trouvent pas un compromis utile à tous. Mais passons à une description des troupes !

LE GROS RAT :

 AUCHAN est une multinationale française soutenue par son état et ses banques pour s’implanter partout où il sera possible de faire croitre ses bénéfices. Pour cela il offre une puissante chaine d’approvisionnement, distribution et ventes de produits manufacturés ou non et venant de pays étrangers et du Sénégal. AUCHAN crée aussi des emplois, paie des impôts et taxes et contribue à la fixation des prix à la consommation. Néanmoins, il bénéficie du soutien de son pays d’origine pour éloigner toute mesure étatique du Sénégal de régularisation et de contrôle de ses activités de concurrence vis-à-vis des acteurs locaux ou de sensibilisation des consommateurs dans un sens contraire à ses activités commerciales.

Le gros rat est fort, bien soutenu, créateur de richesses et tricheur si nécessaire !

LES PLANTATIONS :

 Le Marché Sénégalais est une gigantesque plantation à ciel ouvert dont les pratiques informelles permettent une grande volatilité en termes de qualité et de prix aux consommateurs, avec un état gendarme faible et miné par la corruption des instances de répression, contrôle et protection du marché. Tout le système aux allures pyramidales est constitué d’une élite bourgeoise (grosses pontes de l’état, gros importateurs et distributeurs) qui effectue l’offre, tandis que la masse laborieuse (beaucoup de pauvres et une petite classe moyenne) crée la demande. Le système de régulation du marché existe via le contrôle de différents ministères, mais il est aussi affaibli par une longue tradition de corruption et enrichissement illicite et par un second marché informel quasi inviolable car protégé par les élites religieuses restées aux côtés de leurs condisciples depuis l’époque coloniale à nos jours, même si cette même élite fricote avec le pouvoir par souci d’équilibrisme des pouvoirs.

Les études de l’INSEE indiquent une préférence nationale pour les biens et produits de consommation tels que les aliments, boissons et autres articles alimentaires transformés devant les autres besoins en termes d’éducation, de transport et communication, de construction et location, d’habillement etc…

Les plantations sont de vastes terres à ciel ouvert insuffisamment régulées, avec peu de contrôle et de défenses mais grouillants de vies et de besoins à satisfaire !

 

LES MULTIPLES RATONS :

Les acteurs du marché de la consommation au Sénégal vont des importateurs aux consommateurs en passant par les grossistes distributeurs et commerçants du gros et demi-gros. Les parts de bénéfices sont partagés entre ses acteurs locaux et étrangers (Guinéens, Mauritaniens, Libanais…) pour satisfaire à la demande des consommateurs sénégalais avec une régulation des services de l’état sur les aspects de fixation de marges, des prix, des normes de concurrence et d’accès au marché, mais aussi sur les répressions en cas de fraudes ou de violation de certaines règles. Les locaux sont organisés dans des unions de défense de leurs intérêts comme l’UNACOIS et d’autres centrales syndiquées.

Ces acteurs passent à travers les failles du système de contrôle et de régulation étatique par divers moyen de pressions syndicales et de corruption, qui pour faire passer des produits frauduleux, qui pour ne pas payer des taxes et impôts dus, enfin d’autres jouent carrément sur des inflations artificielles des prix pour mieux s’enrichir en toute impunité notamment à la période des grandes fêtes synonymes de fortes demandes. Cela génère une relative volatilité des prix et de la qualité des produits au détriment des consommateurs et du trésor public, tout en accentuant les inégalités sociales avec une bourgeoisie de style mafieuse et le recours à des systèmes informels toujours plus puissants voir hors de contrôle.

Notons que la plupart des acteurs une fois enrichis, réinjectent systématiquement leurs avoirs dans le secteur du BTP pour construire des bâtiments à louer sources d’investissements moins risqués selon eux. Notons par conséquent que les acteurs n’ont pas produits des champions nationaux ayant la capacité d’aller vers la création de multinationales fautes de fédération et d’investissement massifs de capitaux dans le secteur.

Les multiples ratons, sont d’horizons diverses, plus ou moins organisés, et trichent pour la plupart avec les faiblesses du système de contrôle et régulation des plantations, tandis que leur fortune n’est pas réinvestie dans le marché de la consommation !

LE GROS MATOU :

L’état Sénégalais souffre du syndrome du néolibéralisme ou mondialisation sauvage.

Le but de la mondialisation sauvage ou néolibéralisme forcé c'est de profiter d'États faibles, voir affaiblir des états susceptibles d'émerger pour leur imposer un diktat économique où les emprunts sont la règle de gestion bancaire et budgétaire de l'État faible, et où les fonctions d'investissement et de production de valeurs sont occupées par des intérêts étrangers.
Notre état est plus que faible, notre tissu économique est mal organisé et pas assez solidaire, et nos consommateurs ploient sous les limites de leurs maigres revenus là ou des puissances étrangères pas étrangères au maintien de cette situation, en tirent profit.

La crise des élites Africaines n’est pas étrangère à cette situation, avec l’aile progressiste émancipatrice née après les années 70 mais insuffisamment représentée et l’aile rétrograde des années 45 à 60 encore scotchée au pouvoir et suppliant les anciennes puissances coloniales de garantir la longévité du système de prédation coloniale où ils trouvent leur compte et leur longévité. A côté de ces deux blocs se tient la société civile formée des élites locales et de la diaspora, et la masse citoyenne en prise avec la pauvreté et des questions de survies ou d’accès aux classes privilégiées.

Un MATOU faible, en crise élitiste, c’est une forte corruption et complicité de pillage des ressources locales, c’est peu ou pas de contrôle et de régulation efficaces, c’est une protection faible face aux prédations extérieures et internes (Voire signature des APE) !

LES GOURMANDES SOURIS

Le consommateur se définit par son besoin de produits et services à bas prix, la qualité venant ensuite, ils s’opposent en cela aux commerciaux qui font une offre avec la meilleure marge possible, la qualité venant ensuite.

Les consommateurs Sénégalais sont organisés dans des associations faibles sans grand impact mais qui assurent un minimum d’exigence qualité et de communication.

Ils sont aussi fortement influencés par les produits finis venus d’ailleurs avec la faible production manufacturière du Sénégal et les faibles investissements des locaux dans la qualité des produits de consommation locaux, mais savent respecter la préférence nationale quand l’offre avec un bon rapport qualité/coût leur est offerte.

Les consommateurs sont aussi a faibles revenus dans leur grande majorité voire peu informés sur les normes qualité si la poche prévaut avant tout et ne crachent pas sur des produits frauduleux ou à bas coût même si la qualité est moindre, là où les classes aisées se tournent vers des segments d’achat de produits importés jugés fiables.

Les réseaux sociaux constituent une opportunité formidable de véhiculer des informations à la grande masse sur la qualité ou la nature frauduleuse des produits à la consommation, le revers étant les campagnes de dénigrement infondées.

Les GOURMANDES SOURIS sont nombreuses, plus ou organisées, potentiellement patriotes, avec des besoins à satisfaire prenant en compte le coût avant la qualité ou la sécurité !

En conclusion je dirai que ces acteurs locaux ou étrangers, font le marché sénégalais de la consommation avec divers intérêts animant chacun d’entre eux, mais le dernier mot reviendra toujours aux consommateurs Sénégalais qui saura choisir ses dirigeants, ses commerçants et ses produits à consommer car c’est de sa responsabilité !

 

 L'auteur  alioune ibnou ab diouf
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Mots Clés: AUCHAN, AU CHAMP
Commentaires: (1)
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Un de tes anciens camarades f En Juillet, 2018 (07:11 AM) 0 FansN°:1
Tu as su booké la situation désastreuse qui est la régle dans une société qui apparente une prise de conscience laxiste et fausse.Dommage mbookaa,nous serons toujours soumis à cette caravane franco-libano-arabe qui ne font remettre les choses à leur place la ou les "patriotes" se scandalisent par peur et n'arrêtent pas qu'ils sont réveillés au crépuscule.thiéy Sénégalais mo doy waar

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alioune ibnou ab diouf
Blog crée le 27/08/2014 Visité 73294 fois 41 Articles 466 Commentaires 7 Abonnés

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